Blog d'actualité spatiale
Le 26 avril dernier, l'ESO (European Southern Observatory) faisait part de sa décision sur l'implantation géographique de son futur télescope terrestre : l'E-ELT. C'est donc le Chili - où l'organisme européen est déjà bien implanté avec entre autres, son Very Large Telescope (VLT) et ses quatres miroirs de 8,2 mètres de diamètre - qui est choisi, plus précisément le sommet du Cerro Armazones qui culmine à 3060 mètres.
Avec un miroir de 42 mètres de diamètre, l'Europe renforce encore ses ambitions dans le domaine de l'astronomie terrestre. Il devrait être en 2018 le plus puissant télescope au monde, devant les Américains et leur TMT (Thirty Meter Telescope) qui sera normalement achevé la même année.
L'ESO se lance donc dans un nouveau grand chantier, presque une décennie après la mise en service du quatrième et dernier télescope du VLT.
Le SSAC (Site Selection Advisory Committee) a évalué plusieurs sites à travers le monde et a conclu que quatre sites au Chili et un aux Iles Canaries étaient conformes aux exigences souhaitées au niveau des conditions d'observation astronomique.
Les 2 et 3 mars 2010, le SSAC a remis son rapport au Conseil de l'ESO qui a tranché en faveur du site du Cerro Armazones du fait d'un bon équilibre entre tous les paramètres qui déterminent la qualité du ciel - nombre de nuits claires, degré d'humidité, etc - et la proximité du site du Cero Paranal - emplacement du VLT - qui n'est distant que d'une vingtaine de kilomètres. Ce sont donc environ 320 nuits claires par an qui attendent les astronomes.
Les travaux devrait débuter en 2011 et coûter environ un milliard d'euros.
Sur le plan technique le miroir primaire sera constitué de 984 segments hexagonaux. Pour abriter cet énorme miroir, la construction d'un dôme de cent mètres de diamètre au sol et de 80 mètres de hauteur sera nécessaire.
Design actuel de la structure (crédit : ESO)
Pour corriger les turbulences atmosphériques, le télescope comprendra un système d'optique adaptative. Ce système sera basé sur un miroir de 4,2 mètres de diamètre qui sera chargé de renvoyer la lumière sur deux autres miroirs de 2,5 et 2,7 mètres de diamètre. La courbure du premier miroir sera ajustée plusieurs centaines de fois par seconde par l'emploi d'environ 5000 vérins, ce qui permettra d'obtenir une image d'excellente qualité.
L'E-ELT captera quinze fois plus de lumière que le meilleur télescope actuel, ce qui lui permettre notamment de fournir des images quinze fois plus détaillées que celles du télescope spatial Hubble.
Les astronomes pourront analyser l'atmosphère des exoplanètes rocheuses - des planètes de la taille de la Terre pourront être observé - et mesurer l'accélération de l'expansion de l'Univers.
Les quatorze pays membres de l'ESO se dotent donc d'un bel instrument qui ouvre la voie à de nouvelles découvertes astronomiques.
Rendez-vous en 2018 pour les premiers clichés.
Lien vers le communiqué de l'ESO : Le site de l'E-ELT a été choisi.
Lien vers le dossier de presse de l'E-ELT : The E-ELT.
Lien vers un schéma sur le fonctionnement des différents miroirs de l'E-ELT : L'illustration de l'ESO.